La France est l'un des pays au monde produisant le plus d'électricité grâce aux centrales nucléaires. Cela découle d'une volonté historique d'indépendance énergétique, l'Hexagone ne disposant pas de ressources fossiles tels que le gaz et le charbon.
Si pendant quelques années, les gouvernements successifs ont commencé à ralentir la production, sous pression des mouvements écologistes et par peur des accidents possibles, aujourd'hui la production repart de plus bel ! Pourquoi ?
Dans cet épisode, Hugo et Ingrid reviennent sur l'Histoire du nucléaire civil en France et sur les débats qui existent dans le pays autour de cette question.
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[musique] En France, le nucléaire à tout prix. [musique] Salut à toutes et à tous. Salut Ingrid. Salut Hugo. Tu vas bien? Ça va, ça va. Et toi? Ça va bien. Contente d'enregistrer cet épisode sur un sujet qu'on a jamais abordé avant. On a fait des recherches et j'ai trouvé ça intéressant. Donc je pense que ça va être cool. Ouais, c'est un sujet qui nous a été suggéré par un auditeur, Sébastien, un auditeur allemand. Il nous a écrit "Il manque un des sujets controversés les plus typiquement français parmi vos épisodes, l'énergie nucléaire. En tant qu'allemand, j'observe avec intérêt le fort soutien dont bénéficie cette forme d'énergie dans le public. Et c'est vrai que en Allemagne, le nucléaire c'est une source d'énergie qui a mauvaise presse, qui n'a pas bonne réputation. D'ailleurs, l'Allemagne a décidé de sortir progressivement du nucléaire dès le début des années 2000 et cette décision a été renforcée et accélérée suite à la catastrophe de Fukushima en 2011. Et d'ailleurs, les trois dernières centrales nucléaires allemandes ont fermé en avril 2023. Mais en France, on a pas du tout la même stratégie. Oui, puisque en France, c'est même plutôt le contraire qui est en train de se passer. Il y a eu en 2022 une relance du nucléaire et le président français Emmanuel Macron qualifie même le retour du nucléaire comme le chantier du siècle. ont construit des nouveaux réacteurs et puis même cette année, il y a encore eu des nouvelles annonces pour qu'on continue à favoriser le nucléaire avec une volonté affichée de faire de la France un fer de lance de l'énergie nucléaire. Donc faire de lance, c'est le fait d'être leader sur un domaine. Donc là vraiment les politiques français veulent que la France soit parmi les pays qui produisent le plus d'énergie nucléaire. Ouais. Donc c'est intéressant parce que la France et l'Allemagne, c'est deux pays voisins avec des niveaux de développement économique qui sont très proches, mais ils ont adopté deux stratégies totalement opposées en matière de nucléaire. Donc dans cet épisode, on va essayer d'expliquer cette différence. Bon, on va se focaliser évidemment sur la France. Euh on n'est pas du tout des spécialistes de ce qui se passe en Allemagne, mais c'est vrai que la France est assez unique en la matière au niveau mondial dans cette volonté qu'elle a de continuer de développer le nucléaire. Et attention, ici dans cet épisode, on va seulement parler du nucléaire civil. Autrement dit, le nucléaire en tant que source d'énergie et pas le nucléaire militaire. On va pas parler de l'arme atomique, même si ça aussi c'est un sujet passionnant. Peut-être qu'on fera un autre épisode dessus dans le futur. Bon, on y va. C'est parti. [musique] Pour commencer, [musique] il faut qu'on vous explique comment la France est devenue l'un des pays les plus dépendants au nucléaires. Ça, c'est une histoire qui démarre déjà il y a plusieurs décennies. Alors, comme tu le disais Hugo dans l'introduction, ici dans cet épisode, on parle vraiment du nucléaire civil. Donc c'est le fait de fabriquer de l'énergie, de l'électricité grâce à une transformation de l'uranium. Alors comme on l'a dit, on n'est pas des spécialistes. Moi, j'ai essayé de chercher un peu des définitions pour comprendre comment ça se passait. Mais en gros, on a donc sur le territoire des centrales nucléaires. À l'intérieur de ces centrales, il y a plusieurs réacteurs. Et ces réacteurs, ils servent donc à fissionner. Donc c'est un mot scientifique, ça veut dire casser. Casser des atomes d'uranium, à les faire chauffer, il y a de la vapeur qui se produit et bref beaucoup de chaleur, ça finit par faire de l'énergie. Ce qu'il faut savoir sur ce type d'énergie, c'est surtout que ça ne pollue pas dans le sens où ça ne crée pas de CO2, de dioxyde de carbone. Donc en soi, quand on crée de l'énergie nucléaire, on ne dégage pas des gaz qui vont dérégler la température et cetera. Mais par contre, les atomes d'uranium derrière eux, ils laissent des déchets, des déchets radioactifs. Et ça, on en parlera, il y a déjà eu des catastrophes. Mais je sais
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que tout le monde a bien en tête certains événements où les déchets radioactifs et bah si on les gère pas bien, ils peuvent créer des gros dégâts. Donc c'est ça en gros les problématiques de cette énergie nucléaire. Ouais, effectivement, à la fois les déchets radioactifs et évidemment les risques d'accident dans les centrales, dans les réacteurs. Ça aussi bon, vous en avez tous entendu parler, on va en reparler un petit peu plus tard. [grognement] Mais ce qu'il faut savoir, c'est que avant les années 70, la France importait quasiment 100 % de son pétrole, de son gaz et de son charbon. Donc avant qu'on développe massivement le nucléaire, l'énergie en France, on la produisait principalement grâce à ce qu'on appelle les énergie fossile. Donc voilà, le pétrole, le gaz et le charbon. Et la France n'a pas de ressources fossiles significatives sur son sol. Donc on était totalement dépendant des importations pour assurer notre mix énergétique. Et en 1973, il y a eu ce fameux choc pétrolier. Le prix du baril de pétrole a été multiplié par 4 en quelques mois. Ça a provoqué une récession, une inflation au niveau mondial. Et [grognement] en France, en plus de tout ça, et ben ça a mis en évidence notre vulnérabilité énergétique. Mais là, on a compris qu'il fallait vraiment faire quelque chose si on voulait être un peu moins dépendant des marchés énergétiques pour assurer notre survie. Alors, heureusement à ce moment-là, la France était entre guillemets déjà prête pour une nouvelle è de l'énergie puisque le général de Gaulle était passé par là et que il faut savoir que de Gaulle, bon vous le connaissez déjà bien parce qu'on en parle souvent, c'est un homme qui voulait que la France soit vraiment dépendante, soit souveraine. C'était son obsession. Ah, [raclement de gorge] lapsus. Lapsus, lapsus. Euh oui, donc ne soit pas dépendante dans tous les domaines. Et c'est pour ça que donc le général de Gaulle déjà en 1945, il avait créé le commissariat à l'énergie atomique, c'est-à-dire un organisme public qui était chargé de développer la recherche et l'industrie nucléaire. ce qui fait qu'on avait formé des ingénieurs, développer des technologies, posé des bases industrielles et donc dans les années 70 quand on arrive au moment de la crise, on a déjà tout ça qui existe en France. Ouais. Et quand de Gaul a créé ce commissariat à l'énergie atomique, c'était aussi bien pour le nucléaire civil que pour le nucléaire militaire. Il y avait aussi cette volonté d'acquérir l'arme atomique pour assurer la souveraineté de la France. Et ce qui est intéressant, c'est que cette décision d'investir massivement dans le nucléaire, de développer le nucléaire en France, elle a pas vraiment été prise en concertant les Français. Elle a été prise de manière vraiment hiérarchique ou comme on dit en France un peu de manière jacobine. C'est on dit souvent que voilà en France il y a cette tendance jacobine. Donc ça c'est quelque chose qui est hérité de la révolution et ça veut dire tout simplement que c'est l'État central qui décide de tout pour toute la nation. Donc autrement dit bon c'est un peu synonyme de cette centralisation dont on parle souvent en France. Toutes les décisions sont prises à Paris pour l'ensemble du territoire et elles sont prises par les hommes politiques ou ce qu'on appelle parfois les technocrates sans vraiment consulter l'opinion publique. Donc voilà, en France, il y a pas eu de débat public autour du nucléaire. de Gaul et d'autres hommes politiques ont décidé que voilà, c'était l'énergie de l'avenir, qu'il fallait massivement investir dans le nucléaire et c'est ce qu'on a fait après le choc pétrolier. Oui. Donc on avait le terrain qui était prêt et après ce choc pétrolier en 1974, il y a eu un grand plan pour remplacer les centrales thermiques par des centrales nucléaires. Donc on utilise plus le pétrole, plus le charbon ou en tout cas beaucoup moins. Et bah on va créer des nouveaux réacteurs à tel point que entre 74 et 1990, il y a 56 réacteurs qui sont construits et la France devient le plus grand parc nucléaire d'Europe. Et jusqu'à aujourd'hui, on est encore parmi les pays qui produisent le plus d'énergie nucléaire. Ouais, très largement. Et donc voilà, faut vraiment comprendre que c'était un
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plan massif. On a construit un grand nombre de réacteurs très rapidement. Il y a aucun autre pays qui a fait ça. Et donc ça nous a permis d'avoir dès la fin des années 80 une production d'énergie nucléaire vraiment significative. Ce qui fait que aujourd'hui quand on regarde l'électricité, seulement l'électricité, environ 2/3 de l'électricité française est produite grâce au nucléaires. Le reste c'est grâce à l'énergie hydraulique et aussi à ce qu'on appelle les énergies renouvelables, notamment l'éolien et le solaire. Et seulement environ 4 % d'énergie fossile, pétrole, gaz et cetera. Donc autrement dit, 95 % de l'électricité française est bas carbone. Elle ne rejette quasiment pas du tout de CO2. Donc ça c'est plutôt une bonne chose. Et c'est en grande partie grâce à l'énergie nucléaire. Et ouais, tu l'as précisé, ça c'est vraiment sur l'électricité. Après attention, ça veut pas dire que on utilise pas de pétrole pour d'autres choses. On reste un pays avec des véhicules qui consomment du pétrole et cetera. Mais par contre, c'est vrai que pour l'électricité, on a une vraie indépendance et on en produit tellement que on en exporte. Alors que pour le pétrole et le gaz, on importe. Pour l'électricité, c'est carrément euh un domaine dans lequel on vend à nos voisins. Et d'ailleurs, cette année, le Premier ministre a annoncé qu'il fallait vraiment que on continue à travailler ça, notamment en vendant [grognement] plus de véhicules électriques justement pour compenser le fait que ben on n'est pas forcément des pionniers sur tout ce qui est véhicule qui consomment du pétrole. Voilà, on se dit au lieu de vendre l'électricité en trop qu'on a, ce serait mieux qu'on la consomme nous-même. Donc on peut la consommer en ayant plus de voitures électriques ou aussi au niveau du chauffage. Le chauffage des logements, c'est évidemment un gros poste de dépense énergétique. Il y a encore beaucoup de maisons et d'appartements en France qui sont chauffés grâce à une chaudière au gaz. Et il y a une grande volonté de remplacer ces chaudières. euh à gaz par ce qu'on appelle des pompes à chaleur. Pompes à chaleur, c'est un peu comme des réfrigérateurs inversés. Ça produit du froid à l'extérieur et du chaud à l'intérieur et ce grâce à l'électricité. Donc si les Français achètent plus de voitures électriques et plus de pompes à chaleur, ben on va pouvoir consommer cette électricité produite grâce au nucléaire au lieu de la vendre à nos voisins. Surtout que si on utilise donc plus ses énergies pour euh la maison, les entreprises, tous les domaines, on reste vraiment indépendant parce que l'uranium certes, on n a pas directement sur notre territoire, on l'importe mais en fait ça peut se stocker beaucoup plus facilement, ce qui fait qu'on en a beaucoup plus en stock. Là, on est prêt pour des années et puis en plus les endroits d'où viennent l'uranium, pour l'instant, il y a pas de difficulté, problème de souveraineté avec des pays avec lesquels on pourrait être en guerre ou en compétition économique. Ce qui fait que c'est toujours beaucoup plus facile de garder l'uranium et de l'utiliser pour fabriquer notre énergie nous-même. Et là, on serait bon pendant plusieurs années si on [grognement] se concentrait que sur ça. Voilà. Donc en conclusion, le nucléaire c'est super. [rires] Fin de l'épisode. Non, c'est sûr qu'en écoutant là ces arguments, on peut se dire bon bah voilà, la France a raison, le nucléaire c'est génial. Mais évidemment, il y a de grosses limites et de gros problèmes qui sont posés par cette énergie et on en parle aussi en France et c'est ce dont on va discuter maintenant. [musique] Alors le nucléaire c'est super mais c'est quand même risqué. Et euh donc on l'a dit, les deux risques principaux sont un qu'il y ait un accident au niveau des centrale nucléaires qui crée des explosions, [grognement] qui se propagent dans tout le territoire en faisant des gros dégâts. Et puis la deuxième chose, c'est que il puisse y avoir des accidents un peu similaires, mais pas au niveau des centrales elles-mêmes, sinon au niveau des déchets qui sont laissés. Mais en gros, c'est juste que l'uranium qu'on utilise et l'énergie qu'on produit à partir de cet uranium sont radioactif. Et ça dans les années euh 40 euh 50 60 70 bon c'était
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pas trop un problème. Les gens étaient pas trop au courant. Et puis il y a eu un grand tournant que vous connaissez tous, la catastrophe de Tchernobyl en 1986 où euh ben il y a eu une explosion qui a créé un immense nuage radioactif qui s'est propagé en Europe, qui a fait des dégâts sur la santé pendant des décennies en suivant et la France bien sûr a été touchée. Le nuage radioactif est arrivé jusque notamment le sud-est de la France et la Corse. Alors, contrairement à ce qui a été raconté parce que on connaît tous cette légende, peut-être que tu peux expliquer la légende du nuage qui s'est arrêté à la frontière. Ouais. Alors, ça c'est vraiment une expression qui fait partie de la culture populaire. Vous l'avez peut-être déjà entendu. Parfois, on dit le nuage s'est arrêté à la frontière. Donc ça fait directement référence à la catastrophe de Tchernobyl parce que on dit en fait que au moment de la catastrophe les autorité française auraient affirmé pour rassurer la population pour rassurer les Français que le nuage avait été arrêté à la frontière française à cause d'un anticyclone voilà d'un phénomène météorologique. Évidemment, personne ne croyait vraiment en cette déclaration, mais en réalité, quand on fait des recherches, bon, on se rend compte que les autorités française n'ont pas dit ça. Ça n'a été dit nulle part. Mais c'est vrai qu'elles ont essayé à travers différentes explications d'être plutôt rassurant de dire que bon les Français allaient pas être trop affecté parce que ben vous le savez en 86 on était encore à fond dans la production de nouveaux réacteurs nucléaires et cetera et donc on voulait pas les autorités françaises ne voulaient pas que les Français s'inquiètent de cette catastrophe et remettent en cause la stratégie énergétique. Voilà. Mais ça c'est resté quand même dans le l'imaginaire collectif cette déclaration le nuage s'est arrêté à la frontière et de temps en temps quand il y a un politicien qui fait une déclaration qui est pas du tout crédible les Français peuvent dire "Ah oui oui, le nuage s'est arrêté à la frontière. " Autrement dit, bon, j'ai bien compris que tu nous racontais n'importe quoi, que tu nous mens et je te crois pas du tout. Ça a été relancé beaucoup par exemple pendant le Covid puisque c'est vrai que la gestion au début du Covid était pas ouf puisque bah en France on avait pas de masque par exemple et du coup les membres du gouvernement avaient commencé à dire que le masque ça servait à rien, ça protégeait pas et là il y avait vraiment ce truc de Oui. Et le nuage il s'est arrêté à la frontière. Bien sûr. Exactement. Et par rapport à Ternobyl, on en parle dans notre cours B2, dans le cours raconte son histoire. J'ai euh une conversation avec une de mes amies lor que vous avez déjà entendu dans le podcast parce qu'elle a visité le site de Tchernobyl, c'est possible de le visiter. Et voilà, elle raconte un peu ce qu'elle a vu là-bas, les explications du guide et c'est une leçon qui est très appréciée par les élèves. Donc voilà, ça nous permet de parler un peu d'un de nos cours. Donc si c'est un sujet qui vous intéresse, bon c'est un tout petit sujet parmi tous les thèmes qu'on aborde dans raconte histoire mais voilà ça fait partie du genre de conversation qu'on a dans ce cours. Ouais c'est vrai que c'est intéressant ce qu'elle raconte et que on n'y pense pas forcément que c'est un endroit qu'on peut visiter. Et ce que je trouve intéressant c'est que quand elle parle de Ternobyl c'est vraiment lié aussi à toute l'imaginaire de l'URSS. vraiment euh ce truc très soviétique loin de nous et euh c'est notamment un argument qui a pu être utilisé donc dans les années 90 2000. OK, Tchernobyl c'était grave. Bon, c'est vrai que ça a touché la France mais c'est parce que c'était les soviétiques et que l'URSS, vous savez, à cette époque, c'était pas un pays très développé. Vous inquiétez pas. Ça n'arrivera jamais en France. Et puis là, nouvelle catastrophe 2011, Fukushima, personne ne pouvait dire que le Japon était un pays sous-développé ou mal préparé. Je pense que en terme de développement technologique et de préparation face au risque, le Japon, ils sont bien au-delà de nous. Faut voir leur architecture pour les tremblements de terre, c'est très carré. Donc là, ça a refait un deuxième choc où on s'est dit ou là alors s'il est arrivé ça au Japon, la France est pleine de d'énergie nucléaire de partout, il y a de la radioactivité partout à tout moment ça peut péter quoi. Ouais. Donc les Français sont loin
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d'être naïfs et on voit dans les sondages que plus de 90 % d'entre eux pensent qu'un accident similaire à ce qui s'est passé à Fukushima pourrait très bien arriver en France. et il euh voilà, il juge que les centrales nucléaires sont des endroits dangereux, des endroits où peuvent se produire des catastrophes. Donc voilà, ils sont pas du tout naïfs par rapport à ça. Malgré les discours rassurants des autorités, les Français n'excluent pas du tout que ça fait partie des événements possibles. Et donc ce qui fait que dans ces 15 dernières années, on a commencé à avoir des discussions politiques à propos du nucléaire où tout le monde n'était pas d'accord. et ça peut peser dans les élections. Alors, c'est un sujet sur lequel on n' pas une exacte opposition droite gauche. On a quand même une majorité des politiques qui sont plutôt pronucléaires puisque toute la droite, l'extrême droite reste dans la tradition gauliste. Par contre, quand on va plus au centre et à gauche, là on a des vraies différences. et euh notamment par exemple à gauche, on va avoir certaines personnes qui sont toujours prononucléaires comme le parti communiste pour une idée vraiment de souveraineté euh nationale, mais on a au contraire les écologistes qui sont un parti qui est de plus en plus puissant depuis les années 2010, enfin en tout cas pendant quelques années. Ça redescend, on vous en a parlé mais ça a été avec les mouvements écologistes écologiques en général dans le monde, ça a été un parti très important qui a pesé dans le débat et eux pour le coup c'est vraiment anti antinucléaire, c'est leur position très ferme. Ouais effectivement même si bah c'est vrai que jusqu'aux années 2010 comme tu l'as dit c'était pas un parti très influent beaucoup moins qu'en Allemagne. Ça explique pourquoi il y a pas vraiment eu en France de remise en question de cette stratégie du nucléaire jusqu'à récemment. Mais voilà, c'est vrai qu'au niveau politique, c'est ça dépend un peu de chaque partie. En fait, chaque partie a sa ligne en matière de nucléaire. Mais depuis les années 2010, au niveau présidentiel, donc là où se prennent les décisions, on a eu tendance pendant quelques années à reculer sur le sujet du nucléaire. Donc ça a commencé avec le président socialiste François Hollande qui a été élu en 2012 et il a été élu notamment grâce au soutien du parti des écologistes et donc en contrepartie en échange de ce soutien, il s'est engagé à réduire la part du nucléaire dans le mix énergétique français et donc à fermer des centrales et notamment la centrale de Fessenheim qui a été énormément dans l'actualité ces dernières années, elle avait été ouverte en 1977. C'était un endroit très important de production d'énergie mais aussi un bassin d'emploi. Il y avait beaucoup de gens qui travaillaiit à Fenheim en Alsace dans la production d'énergie nucléaire et en suivant l'élection de François Hollande et cette politique de réduction du nucléaire, elle a été fermée progressivement il me semble hein, parce que on en a beaucoup parlé dans l'actualité pendant des années. Moi, j'avoue, je j'entendais toujours ce mot Fonheim sans vraiment savoir ce que c'était. Et puis finalement, c'est en 2020 que ça a été fermé définitivement alors que c'était contesté par les syndicat, par la gauche industrielle, par la droite pour d'autres raisons et c'est un Ouais, ça illustre vraiment cette tension entre les différents courants. Et bah ensuite en 2017 quand Macron a été élu, lui aussi il a continué sur cette lancée. C'était un peu dans cette idée que bon le nucléaire c'est quelque chose du passé. Nous en France, on a la capacité d'innover. On va investir massivement dans les énergies renouvelables, dans le solaire, dans l'éolien. Donc lui aussi voulait continuer à fermer des centrales nucléaires. Mais finalement et ben il y a eu un retour en arrière là-dessus. Mais bon, ça explique que malgré ce petit changement de stratégie pendant quelques années avec François Hollande et ensuite Emmanuel Macron, et ben aujourd'hui comme on l'a dit, le nucléaire, ça représente toujours 2/3 de la production de l'électricité en France. Donc voilà, c'est toujours quelque chose de vraiment significatif. [musique] Alors, la France a été super prononcléaire pendant longtemps, puis il y a eu des peurs qui ont fait qu'on a commencé à réduire et finalement
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retournement de situation. Là, on arrive à une actualité plus récente. 2022, on a la guerre en Ukraine qui commence. Là, ça crée des grosses tensions au niveau du gaz russe. Les prix du gaz explose. Moi, je m'en souviens bien. C'était un moment où j'étais rentrée en France depuis pas longtemps et là je passe, je crois que c'était le premier hiver que je passe en France et je vois les factures de gaz. J'étais avec le chauffage au gaz dans mon appartement comme énormément de Français et c'était hallucinant les prix quoi. Sachant que bon, il y a eu les conséquences directes de la guerre et puis bien sûr par-dessus la spéculation qui a fait que ça a explosé. Oui, c'est vrai que bah les factures de gaz ont vraiment explosé et comme la majorité des logements français sont encore chauffés au gaz avec les chaudières à gaz comme on l'a dit, on peut dire que les Français ont vraiment senti tout de suite l'impact de cette guerre et en plus il y a eu une double peine parce que en même temps la production nucléaire avait chuté. C'était notamment l'effet bah comme on l'a dit de la politique de François Hollande et d'Emmanuel Macron et puis aussi parce que le parc des centrale nucléaire en France est vieillissant. Autrement dit, bon, on les entretient pour qu'elles continuent de fonctionner, mais on fait pas les investissements nécessaires. Et euh à cause de ça, on a remarqué qu'il y avait des enfin on a remarqué les ingénieurs ont remarqué qu'il y avait des Moi, je suis pas allé inspecter les centrales nucléaires et heureusement [rires] parce que déjà juste la rénovation de ma maison, bon, je maîtrise pas les sujets donc les centrales nucléaires non. Mais voilà, les ingénieurs se sont rendus compte qu'il y avait des problèmes de corrosion dans certains réacteurs. Donc voilà, ça c'est quelque chose de vraiment très dangereux apparemment. Et ça a conduit à l'arrêt de 32 des réacteurs français sur 56. Donc autrement dit, plus de la moitié des réacteurs nucléaires en France ont été mis en pause pour pouvoir les réparer. Bon, d'un côté, c'est plutôt rassurant parce que on n pas continué à les faire fonctionner alors qu'il y avait un risque. On a dit bon non, ça vaut pas la peine. Mais de l'autre côté et ben l'électricité est aussi devenue plus cher à cette époque-là, à la fois le gaz et l'électricité. Ce qui fait que à ce moment-là, comme on avait pas assez de capacité à produire notre propre électricité, Macron a fait volte face. il est passé de vouloir continuer la réduction du nucléaire en France à au contraire annoncer des la construction de nouveaux réacteurs et ça continue. On a régulièrement des annonces de nouveaux plans. On est plutôt sur une lancée pour continuer et augmenter notre production d'énergie nucléaire. Et puis en plus, c'est une stratégie qui se confirme aujourd'hui puisque avec les nouvelles guerres là, on a les États-Unis qui attaquent plusieurs pays du golfe Persique avec les tensions au niveau du D3 d'Ormouse. Je développe pas parce que je pense que vous êtes tous au courant de cette actualité internationale. Mais on commence à avoir des problèmes d'importation de pétrole, ça devient plus cher. Il y a certaines routes qui sont bloquées, ce qui fait que on se dit ben voilà de 2022 Ukraine c'est le gaz qui devient problématique. 2026 Golf Persicle qui devient problématique et on pense que il y a malheureusement des chances que ça continue qu'on ait encore des nouvelles guerres pour les ressources fossiles. Donc ben on va continuer sur le nucléaire. Là c'est le nouveau mot d'ordre. Oui, c'est intéressant. Tu as utilisé l'expression faire volte face. Tu as dit Macron fait volte face. Ne pas confondre avec vol de mort qui n'a rien à voir. [rires] Faire volte face, ça veut dire faire un changement à 180°. Donc faire l'inverse de ce qu'on faisait avant. Donc voilà, Macron a vraiment changé totalement sa stratégie en matière de nucléaire et on peut dire qu'il a eu une certaine légitimité grâce à un personnage médiatique qui est devenu omniprésent ces dernières années, Jean-Marc Jean Covici. Alors, [grognement] c'est une des personnalités dont on parle dans notre mini qui s'appelle les connaîtes. etus c'est un miniours plus du niveau B1 pour connaître justement les personnalités médiatiques dont tous les Français parlent. Mais bon là on va vous faire un tout petit résumé pour que vous compreniez qui est Jean-Marc Jeanovici.
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C'est un ingénieur, il est fondateur du Shift Project. Donc c'est un sing tank, un groupe de pensée, un groupe de réflexion sur la les sujets de décarbonation. Autrement dit, ils aident aussi, ils conseillent les entreprises qui veulent réduire leurs émissions de CO2. Il est professeur aux mines Paritec, donc une des grandes écoles d'ingénieurs les plus prestigieuses en France, membre du haut conseil pour le climat. Donc voilà, c'est vraiment un expert reconnu, extrêmement crédible et c'est surtout un vulgarisateur hors paire. Autrement dit, il a un grand talent pour expliquer les sujets complexes de manière accessible. Et Jean-Marc Jean ici, ce qui est intéressant, c'est que d'un côté, il se revendique comme écologiste, mais de l'autre, il dit que bah le on peut pas se passer du nucléaire en France. Autrement dit, on ne peut pas vivre sans l'énergie nucléaire. et euh son argument central, c'est que ben l'énergie nucléaire, c'est une énergie qui est décarbonée, qui ne produit pas de CO2 et si on voulait remplacer ça par les énergies euh renouvelables, le solaire, l'éolien, et ben ça serait physiquement très difficile parce que voilà, il y a des limites réelles, notamment bah pour l'énergie solaire, on a du soleil seulement pendant la journée, pas pendant la nuit. Donc ensuite bah il faut des batteries pour stocker tout ça. Pour produire ces batteries, on a besoin de métau rare. Et puis tout ça, ça prend énormément de place. Les panneaux solaires, les éoliennes et cetera, ça prend beaucoup plus de place que des centrales nucléaires. Donc voilà, pour lui, il dit que le nucléaire c'est un mal nécessaire. Autrement dit, on en a besoin encore pour le moment pour pouvoir assurer une énergie bas carbone en France. Ouais. Donc finalement aujourd'hui en France, grâce au discours populaire de Jean-Marc Jeanovici, on a une idée qui est assez répandue qu'il est tout à fait possible d'être un vrai écolo pronucléaire. écologie et nucléaires ne sont pas forcément opposés dans la mentalité française. Euh ça n'empêche pas de vouloir continuer à faire des recherches et à développer les autres ressources, les autres les ressources bah comme tu disais, l'éolien, l'hydraulique et cetera. Mais il y a encore certains sujets dont on parle encore pas assez, où on n pas vraiment de solution et notamment la question des déchets. C'est quelque chose qui est un peu mis sous le tapis. Je fais un petit jeu de mot parce que [rires] quand on met quelque chose sous le tapis, ça veut dire que on évite d'en parler. Euh on préfère ne pas évoquer le sujet. Et je dis que c'est un jeu de mot parce que justement les déchets nucléaires, il faut les enterrer, il faut les mettre sous la terre, mais pas seulement sous un tapis sinon très profond sous la terre. Et ben, on a hein des sites comme ça pour enterrer les déchets nucléaires. Mais c'est vrai que quand on propose des nouveaux endroits et bah en fait les gens ne veulent pas des déchets à côté de chez eux. Donc il y a un peu ce truc où tout le monde se dit "Oui, bon il faut produire avec de l'énergie nucléaire parce que c'est le mieux pour nous. Mais par contre, si on pouvait éviter d'habiter à côté d'une centrale ou à côté d'un site où on enterre les déchets, bah ça pourrait être ça pourrait être pas mal aussi. Donc ça crée des tensions quand même. C'est la grosse question à résoudre. Qu'est-ce qu'on fait? Où est-ce qu'on met les centrales? Et qu'est-ce qu'on fait des déchets? Voilà. Bon, je pense qu'on a fait un bon tour de la question. Ouais. Euh j'espère que vous avez les idées plus claires sur euh ce sujet, sur ce que les Français pensent du nucléaire et pourquoi c'est une énergie aussi importante chez nous. N'hésitez pas comme d'habitude à partager vos commentaires et aussi à nous corriger parce que je sais qu'il y a beaucoup d'ingénieurs qui nous écoutent et on a peut-être fait des approximations. Donc voilà, n'hésitez pas si vous voulez apporter des précisions. Comme d'habitude, on n' pas le temps de toute expliquer, de tout dire non plus. On doit faire des choix. Mais si on a des s'il y a des choses qu'on a oublié ou qu'on a peut-être mal expliqué, [musique] bah n'hésitez pas à le préciser. Ça nous permettra aussi de nous améliorer. Merci à toutes et à tous [musique] et on se retrouve dans de semaines. Salut. Ah.