La France se présente souvent comme un pays d'égalité. La Révolution de 1789 a aboli les privilèges, la devise nationale est "Liberté, égalité, fraternité", et l'école publique est gratuite pour tous. Sur le papier, tout le monde a sa chance.
Dans cet épisode, Ingrid s'intéresse à ce que cachent ces beaux principes. En partant du livre de la philosophe Alice de Rochechouart, Privilèges. Ce qu'il nous reste à abolir, elle explore comment la bourgeoisie est sortie gagnante de la Révolution — et comment, depuis, une nouvelle classe dominante a su se maintenir au sommet.
Au programme : un retour sur l'Ancien Régime et la nuit du 4 août 1789, puis un regard sur ce que les chiffres nous disent aujourd'hui de la méritocratie à la française, et enfin une réflexion sur les mécanismes — politiques et médiatiques — qui permettent à ce système de se perpétuer.
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L'égalité [musique] en France, [musique] une illusion. Bonjour à toutes et à tous et bienvenue dans ce nouvel épisode. [musique] Aujourd'hui, on va parler d'égalité ou plus précisément, on va parler de privilège. Mais j'ai préféré dans le titre vous parler d'égalité parce que je sais que c'est un mot qui vous parle peut-être plus. C'est un mot de vocabulaire vraiment basique et surtout c'est un mot qu'on associe beaucoup à la France. Je pense que vous savez tous que la devise de la France c'est liberté, égalité, fraternité et aussi que pendant longtemps la France a été réputée comme le pays des droits de l'homme. Je sais aussi que souvent dans la culture internationale, la France jouit d'une réputation d'un pays où il y a beaucoup de droits sociaux, où les différences entre les riches et les pauvres ne sont pas très élevées ou en [grognement] tout cas c'est une réputation qu'on avait encore il y a quelques années. Bon, puisque vous écoutez ce podcast, vous savez qu'avec Hugo, on est assez critique de cette vision et on a tendance à défendre plutôt une vision de gauche qui a tendance à se plaindre du fait que ces choses-là ne sont plus tellement vraies ou plutôt qu'elles pourraient être plus vraies. Et aujourd'hui, si j'ai choisi ce thème donc de l'égalité, des privilèges, c'est parce que ces derniers mois, j'ai beaucoup entendu la philosophe Alice de Rochechoir faire la promotion de son dernier livre qui justement traite des privilèges. Alors Alice de Rochechoir, c'est une personne qui intervient dans plusieurs émissions que j'aime bien. Bon déjà, elle a son propre podcast qui s'appelle le fil d'actu, fil écrit P H I L dans lequel elle traite de sujet d'actualité. Donc euh à partir de sujet d'actualité, elle parle de sujet philosophique et elle intervient aussi dans l'émission La dernière dont je vous avais parlé une fois quand on a fait un épisode avec des recommandations de choses à voir, à lire, à écouter. Et Alice de rechercheoir, elle vient d'une famille plutôt privilégiée, d'une famille descendante de la noblesse. On va parler plus de ça dans l'épisode. Et elle s'est rendue compte quand elle a commencé ses études qu'elle avait des avantages par rapport à d'autres personnes dans la société grâce à sa naissance. Et donc c'est à partir de là qu'elle a commencé à développer une pensée philosophique donc de gauche qui remet en question l'ordre établi et qui critique tout ce qui peut atteindre à l'égalité. Et elle a écrit un livre qui s'appelle Privilège, ce qu'il nous reste à abolir et qui est donc sorti là en 2025 et c'est pour ça que j'ai creusé ce sujet. Alors, plus exactement, aujourd'hui, on va parler de l'abolition des privilèges au moment de la révolution, de ce que c'est exactement qu'un privilège et de ce qu'il en est maintenant. Aujourd'hui, dans la société française, est-ce qu'il y a certaines classes qui comme à l'époque de la royauté sont plus privilégiés, plus avantagés que les autres? Donc après cette longue introduction qui je pense était nécessaire, on va commencer tout de suite. On va d'abord faire une petite plongée historique et puis après on viendra à l'actualité. Bonne écoute. [musique] Pour commencer, on va remonter dans l'histoire et on va aller jusqu'à l'ancien régime. L'ancien régime, c'est le nom qu'on donne à l'Organisation politique et sociale de la France de la fin du 16e siècle jusqu'à la révolution
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de 1789. La révolution de 1789, c'est quelque chose que vous connaissez sûrement tous très bien. Je sais que quand on étudie le français ou même en général l'histoire mondiale, c'est quelque chose qu'on étudie souvent et en général on étudie prise de la Bastie le 14 juillet qui est la fête nationale du pays comme grande date. Et aujourd'hui, on va voir qu'il y a une autre date qui est aussi importante voire peut-être plus importante, c'est l'abolition des privilèges, le 4 août 1789. Mais alors, d'abord, qu'est-ce que c'est les privilèges? Aujourd'hui, vous connaissez sûrement ce mot qui désigne un avantage injuste, quelque chose qu'un certain groupe de personnes a et que les autres qui vivent à côté n'ont pas et qui créent une inégalité. Mais à l'époque de l'ancien régime, le privilège c'était un droit particulier attribuer à un groupe qu'il soit avantageux ou qu'il ne soit pas forcément avantageux. C'était quelque chose qui était légal. Alors qu'aujourd'hui quand on parle de privilège, on parle de quelque chose de social. À l'époque, c'était vraiment quelque chose qui avait l'air d'être dans l'ordre naturel des choses pour organiser la société. Et en fait, la France était divisée en trois ordres, trois classes. On appelait ça les ordres, mais en fait on peut le traduire aujourd'hui par plutôt le mot classe. Et ces ordres c'étaient de naissance. Si nos parents étaient d'un certain ordre, dès qu'on essaie, on était destiné à faire partie du même ordre. Et les possibilités de racheter des titres pour pouvoir changer d'ordre et aller au-dessus existait mais était très limité et on peut pas dire que l'ascension sociale était possible. Donc qu'est-ce que c'était ces trois ordres? Alors, on avait le clerger qui étaient les religieux, donc que ce soit les évêques, les abésines, les bonnes sœurs aussi, bref tous ceux qui étaient dans la religion catholique et qui avaient pour seul objectif et seul rôle dans la société que de prier pour les autres et de conseiller les autres dans la religion catholique. Ensuite, on avait la noblesse. La noblesse donc c'est toute l'aristocratie. C'est tous ceux qui ont des titres. Vous avez sûrement déjà entendu qu'il y avait des ducs, des comptes, des duchesses, des comptesses, des viicomtes. Bref, il y avait plein de titres différents qui pouvaient être hérités. La noblesse, elle avait le devoir de protéger en fait les citoyens. C'était elle qui gérait tout ce qui était militaire, protection des terres et donc ils étaient les propriétaires des terres. Et puis euh le dernier ordre, c'était le tiers état. Donc leers état, tout simplement le 3e ordre c'est euh la même racine que le chiffre 3 et le tiers état euh c'était euh la grande majorité de la population hein, plus de 95 % de la population, c'était le tiers état. Aujourd'hui, on pourrait dire de façon très large peuple. Et le tiers état, bah son privilège c'était tout simplement d'avoir le droit de travailler et de payer des impôts. C'est pas, vous voyez, un privilège très avantageux. Bon, d'ailleurs, suivant les sources que je trouve, certaines parlent de privilège et d'autres disent que ce n'est pas un privilège, mais je pense que c'est à cause de la façon dont on emploie le mot aujourd'hui comme quelque chose de forcément positif. Donc pour résumer, avant 1789, il y avait trois ordres qui avaient chacun une fonction. On avait le clerger qui gérait les hôpitaux, les écoles et qui devait faire respecter la religion catholique qui s'occupait en fait de la morale, la noblesse qui était propriétaire des terres et qui assurait en gros la défense et la justice. En échange, il récoltait l'impôt et puis le tiers état, la grande majorité de la population qui travaillait, ça pouvait être des agriculteurs, des commerçants, des personnes qui travaillaient dans l'industrie, même des banquiers, bref des tas de professions et qui payaient les impôts. Et alors, pourquoi on parle
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de jusqu'en 1789? Et bah parce que donc après la prise de la Bastille que vous connaissez bien le moment de grande révolte populaire parce que la France est en crise et qu'il n'y a plus assez à manger, l'assemblée se constitue. On a un groupe de personnes qui s'intéressent à la politique et qui se rendent compte qu'on est dans une vraie période de crise et qu'il faut faire quelque chose. Ils se disent alors qu'il faut écrire une nouvelle constitution, qu'il faut déclarer des nouvelles règles pour la vie politique française. Et alors qu'il y a une des tas de révoltes dans le pays qui font peur à tout le monde, la nuit du 4 août 1789, ces personnes-là se réunissent et elles essayent de réfléchir à comment calmer la colère du peuple. C'est là que l'idée d'abolir les privilèges arrive. C'est une idée qui est portée par plusieurs personnes, des hommes, hein, parce que je fais une petite parenthèse, mais je vais éviter d'être trop féministe dans cet épisode parce que en fait, on parle de des hommes et seulement des hommes quand on parle de tous ces événements sur l'égalité entre les hommes et les femmes et la participation des femmes à la vie politique. Il faut aller beaucoup plus loin. La France a été plutôt en retard sur ce sujet, même s'il y a eu des révolutionnaires femmes évidemment qui ont joué un rôle important, mais bref, je ferme la parenthèse. Et donc ces hommes-là se réunissent et ils discutent du fait d'abolir les privilèges comme possibilité pour calmer la colère du peuple et pour que ben notamment les paysans arrêtent de détruire les châteaux et de s'attaquer aux nobles qui sont propriétaires de leur terre. Et en fait, ça va très vite. C'est quelque chose qui est discuté pendant la soirée et à 2h du matin, il me semble ça y est, c'est décidé, ils écrivent dans la constitution que le clerger et la noblesse renoncent à leur privilège. Et à partir de ce moment-là, en fait, ce qui change vraiment, c'est que il y a l'idée de méritocratie qui se met en place. En fait, dans la population, dans le tiers état, il y avait évidemment plusieurs groupes. Les personnes étaient réunies suivant leur profession, suivant le lieu où ils habitaient. Il y en a qui étaient très pauvres. Bien sûr, il y avait les paysans, les agriculteurs, comme on peut imaginer cette France du Moyen-Âge, des gens sales et pauvres et qui avaient du mal à vivre. Mais dans le tiers état, il y avait aussi des riches commerçants, des personnes qui commençaient à avoir des grosses entreprises. L'industrie commençait déjà à se développer. Et du coup ça, cette classe qu'on appelait plutôt les bourgeois qui étaient une petite partie du tiers état, elle commence à se dire que bah quand même très injuste que ceux qui travaillent beaucoup et qui font du profit ne puissent jamais devenir propriétaire, ne puissent jamais collecter l'impôt et finalement ne puisse jamais avoir le statut social le plus haut de la société. Donc l'abolition des privilèges a priori à partir de 1789, ça permet de faire de la France un régime égalitaire, un régime où tout le monde peut réussir grâce au mérites de son travail à atteindre le sommet de la pyramide sociale. Et on va voir maintenant dans une deuxième partie si c'est vraiment le cas aujourd'hui. [musique] Quand j'ai entendu Alice de Rochechoir parler de l'abolition des privilèges en 1789, moi ce qui m'a vraiment marqué c'est cette présence de la classe bourgeoise. En fait, moi dans mon imaginaire de petite fille de française qui a appris l'histoire de France à l'école et dans les musées et dans les livres, j'avais vraiment cette impression que la révolution française, c'était un moment où le peuple s'était soulevé et où la population la plus pauvre avait obtenu gain de cause. Obtenir gain de cause, ça veut dire être victorieux. gagner une bataille et que ce qu'on demande soit accordé. Mais en fait donc en écoutant cette philosophe et puis ensuite en me renseignant bien sur les événements de la révolution, j'ai compris que bien sûr
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même si le peuple entier et donc le tiers état entier s'était soulevé et s'était révolté dans la rue, ceux qui étaient dans les clubs politiques, c'était ceux qui étaient le plus éduqués. C'était donc ce qui avaient de fait déjà de l'argent et euh que la révolution dans les textes de loi, elle a été faite plutôt pour ces personnes. Et c'est quelque chose qu'on peut retrouver encore aujourd'hui, même si la révolution française est passée depuis longtemps et que bien sûr il y a eu beaucoup d'autres régimes politiques depuis. On peut retrouver dans la nuit de l'abolition des privilèges l'origine de la situation sociale qui existe aujourd'hui. En effet, aujourd'hui, on a encore cette idée de méritocratie en France, cette idée d'égalité des chances. C'est-à-dire que peu importe dans quelle famille on est, on a la possibilité de faire partie de l'élite de la nation. L'élite, c'est euh les personnes qui dominent, que ce soit économiquement, culturellement, politiquement. Et c'est vrai que on a une école publique qui est gratuite, accessible à toutes et tous. Et on a aussi des grandes écoles, c'est-à-dire des formations supérieures qui permettent d'atteindre les meilleurs postes qui sont aussi accessibles à toutes et à tous. Mais pourtant, quand on regarde les chiffres des grandes écoles, c'est-à-dire les écoles dans les formations supérieur qui permettent de faire partie donc des euh administrations de l'État ou des conseils d'administration des grandes entreprises, tout ce qui est vraiment reconnu et qui permet bah tout simplement d'avoir beaucoup d'argent en fait. Et ben, on se rend compte que dans ces écoles, il y a vraiment une reproduction sociale. En 2022, il y a un chercheur, un économiste qui avait un petit peu recoupé les chiffres et qui s'était rendu compte que pour certaines écoles, on avait par exemple 330 fois plus de chance d'entrer dans cette école si notre père avait déjà été formé là-bas avant. [grognement] Les chiffres étaient hallucinants. Je vais pas les vous les ressortir parce qu'en fait ils sont plus impressionnants quand on les voit en image. Mais c'était vraiment des chiffres qui montraient que quand on vient d'une famille ouvrière ou avec des parents qui n'ont pas fait des grandes études en France, c'est quand même très difficile de pouvoir aller dans des formations qui permettent de faire partie ensuite de l'élite de la nation. Je fais une petite pause quand je dis élite parce que je mets des guillemets parce que le mot élite c'est aussi quelque chose qui permet de faire une différence entre le peuple, ceux qui n'ont pas fait des grandes études et les autres et donc de justifier que les autres aient beaucoup d'argent et puissent prendre beaucoup de décisions. Donc déjà là, on a un problème. C'est quelque chose qui est hérité directement de l'abolition des privilèges puisque en abolissant les privilège de droit, on a créé petit à petit plein de manières de continuer à se reproduire socialement qui ne sont pas dans le droit et qui donc ne peuvent plus être contesté mais qui en fait existent parce que et ben il y a le réseau, il y a tout simplement la culture Il y a des concours qui sont très difficiles pour rentrer dans les grandes écoles et qui sont pas difficiles parce qu'on n'est pas forcément assez intelligent mais parce qu'on n pas toute la culture transmise par la famille qui permet de savoir comment il faut se comporter pour ces concours, quels sont les savoirs qui sont importants dans la société et cetera et cetera. Donc déjà le mythe de la méritocratie s'effondre n'est plus valable. dès qu'on regarde les chiffres des grandes écoles au-delà de la publicité. Et une autre donnée que je vais passer assez rapidement parce que on vous en a déjà parlé avec Hugo dans notre épisode
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je pense que c'était l'épisode 183 sur la France taxe-t-elle trop les riches? et ben, il y a tout simplement le fait que en France aujourd'hui, il est beaucoup plus facile de devenir riche en étant héritier qu'en travaillant. Et donc ça bah c'est parce que la bourgeoisie à l'époque de la Révolution française a voulu faire croire qu'elle voulait que tout le monde puisse réussir par le travail. Mais le vrai objectif c'était juste de pouvoir prendre la place des nobles pour créer une nouvelle classe sociale dominante qui allait pouvoir transmettre sa fortune et son pouvoir à ses enfants pour que ensuite il y ait une nouvelle accumulation. Bon, ça on en a beaucoup parlé hein, même dans plusieurs épisodes. Mais pour résumer cette idée, on peut citer tout simplement l'expression de l'économiste Thomas Piquetti qui dit que nous sommes une société d'héritiers. Alors, je sais que c'est très loin d'être exceptionnel dans le monde, mais je trouve que c'est important de souligner ça parce que on a encore tendance, comme je le disais en introduction, à penser que la France avec la Révolution française a complètement enlevé cette notion d'héritage et de grande famille qui possède tout. Mais en fait, la bourgeoisie a réussi à créer une nouvelle classe qui aujourd'hui a réussi à accumuler de nouveau suffisamment pour être très puissante. Mais alors, comment ça se fait qu'un pays puisse être à la fois si attaché à la notion d'égalité et l'enseigner à tous ses enfants à l'école, mais quand même maintenir un système comme ça? C'est ce qu'on va voir dans la troisème partie. [musique] Les descendants de la noblesse et de la bourgeoisie se sont donc unifiés pour former aujourd'hui une nouvelle classe. Et cette nouvelle classe réussit à maintenir un système dans lequel on croit que on est dans une société égalitaire où tout le monde a ses chances alors qu'en fait il est quasi impossible pour un enfant d'un milieu populaire de devenir l'élite de la nation. Et pour réussir à maintenir ce mythe, et ben il y a plusieurs choses qui se mettent en place. En fait euh les élites économiques ne se contentent pas d'être à la tête d'entreprises qui font du profit et qui gagnent beaucoup d'argent. Sinon, le mythe s'effondrerait, les hommes et femmes politiques s'attaqueraient à eux et feraient en sorte qu'il y ait de la redistribution. les journalistes les dénonceraient. Et donc pour éviter ça, il y a deux choses qui se passent. La première chose, c'est le fait que parmi les décideurs politiques, donc les députés, les ministres, les sénateurs et cetera et cetera, on a énormément de personnes qui elles-mêmes font partie de ces grandes familles, de cette classe issue de la bourgeoisie révolutionnaire, de cette nouvelle élite. Et donc ces personnes ont fréquenté les mêmes écoles que les grands dirigeants d'entreprise et les connaissent très bien, font des dîners avec eux, parfois sont mariés avec ces personnes, parfois ont même des actions dans leurs entreprises et donc font les lois de manière à favoriser l'accumulation de la richesse de ces personnes. Ça, on le sait, en regardant par exemple leur fiche patrimoniale, tous les élus, que ce soit n'importe quel poste en France, doivent déclarer leur patrimoine, donc ce qu'ils possèdent, avec quelles entreprises ils sont liés, s'ils ont des conflits d'intérêt, s'ils possèdent des biens immobiliers et cetera et cetera. Et par exemple dans le gouvernement, on a à peu près la moitié
Segment 6 (25:00 - 29:00)
des ministres qui sont millionnaires. Bon, le gouvernement change souvent mais je sais qu'à un moment il y avait le compte qui avait été fait à partir de ces déclarations et on avait plus de la moitié des personnes qui faisaient partie du gouvernement qui possédait plusieurs millions d'euros et ça c'est pas du tout le français moyen. Et puis on peut aussi se rendre compte de ça quand on regarde bah tout simplement leur fiche Wikipédia. Moi je sais que avec un couple d'amis quand je vais chez eux, ça nous arrive de discuter de certains ministres et de s'amuser à aller regarder leur fich Wikipédia. et on dit "Ah bah regardez, elle est mariée avec lui, lui qui est le patron de telle entreprise, telle entreprise qui bénéficie de telle réduction d'impôts. " Voilà des choses comme ça. On se rend compte aussi que ce dont on vous parlait dans l'épisode 183 avec Hugo, c'est pas le fruit d'un hasard, c'est aussi le fruit d'une classe qui se protège et qui donc sont assez malins pour ne pas se contenter d'être dans les grandes entreprises, mais aussi pour avoir certaines personnes de leur milieu qui prennent les décisions. Et puis enfin pour les dernières minutes, on va parler bien évidemment des médias. le bout de la chaîne pour que ça puisse tenir tout ça, il faut que il y ait un minimum euh d'adhésion de la part du reste de la population parce qu'on reste quand même un pays démocratique où il y a des élections et où donc si on se rendait compte vraiment de ce qui se passe et ben peut-être que on pourrait faire effondrer le système par l'élection mais c'est difficile de se rendre compte de ce qu'il se passe. quand médias sont possédés par ces mêmes familles. Et on sait que les télés, les journaux en général, c'est quelque chose qui ne rapporte pas d'argent et pourtant il y a énormément de millionnaires voire de milliardaires qui rachètent des médias pour pouvoir peser sur la vie politique et donc avoir directement une influence. On vous a parlé notamment dans l'épisode 111 de Vincent Boloré et dans l'épisode 126 de Bernard Arnaud. Mais après, il y en a beaucoup d'autres. Et d'ailleurs, depuis qu'on a fait ces épisodes, il y a des choses qui ont changé parce que ça change tout le temps. Ils essayent toujours d'influencer de plus en plus et donc euh ben à travers leurs médias, ils permettent de euh promouvoir une certaine idée de l'économie, une certaine idée du fonctionnement de la société et ils ont tendance à vouloir pousser un certain agenda politique. Bon, il est peut-être temps de m'arrêter. On a survolé le sujet. Comme d'habitude avec mes épisodes persos qui me passionnent, j'ai complètement lâché mes notes et je suis partie en freestyle. Il faut dire que si j'avais suivi tous les points que je voulais vous dire, j'aurais peut-être fait un épisode d'unh voire de 2h. Donc je vous ai fait un résumé. Je sais que c'est un épisode qui est assez politique et je vous l'ai dit depuis le début hein, cette réflexion part d'une remise en cause plutôt de gauche de notre société. Et nous, on ne se cache pas avec Hugo d'avoir des idées, des valeurs. Et c'est vrai que l'égalité, c'est quelque chose qui me tient beaucoup à cœur. Donc quand j'ai entendu parler de cette histoire de privilège et de fausse égalité, et bah ça m'a tenu à cœur de vous partager ça. Hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé. Hésitez vraiment pas à commenter si vous êtes pas du tout d'accord et si vous trouvez que c'était trop politique et orienté. Franchement, ça m'intéresse. Et aussi, n'hésitez pas à me raconter comment ça se passe dans vos pays. Je trouve toujours ça super intéressant. Merci de m'avoir écouté jusqu'ici. Je vous dis à très bientôt [musique] avec Hugo. Salut.